Messor capitatus

  • Signalétique de Messor capitatus

    Classification
    Famille: Formicidae
    Sous-famille: Myrmicinae
    Tribu: Pheidolini
    Genre: Messor
    Espèce: Messor capitatus
    Messor capitatus
    (Latreille, 1798)
    ?? Manquant ??

    Major Messor capitatus sur un cure dent.
    Photo prise pour l'identification d'un nid.

    de Niubert
    Taille des ouvrières: 
    4,0 à 12,0mm

    Morphisme:

    Gyne Messor capitatus sur fond blanc.

    de Alkinne
    Taille de la gyne: 
    13,0 à 14,0mm

    Gynie:

    Male de Messor capitatus

    de Will
    Taille du mâle: 
    8,0 à 10,0mm
    Messor capitatus est une espèce de fourmi moissonneuse, au régime à dominante granivore et d'un noir uniforme luisant.
    A l'image de toutes les Messor, un polymorphisme continu est présent chez les ouvrières, et le jabot social n'est pas développé.
    Néanmoins, il s'agit de l'espèce de Messor présentant ce polymorphisme à son degré le plus haut.
    Pour une taille globalement similaire au niveau des ouvrières, les plus gros major dépassent ceux de Messor barbarus.

    C'est une espèce abondante dans son milieu de prédilection. Les colonies sont très populeuses. Les nids sont facilement repérables aux monticules d'immondices et de téguments s’amoncelant au pied des entrées. Cette espèce préfère les endroits dégagés et a besoin d'une présence importante de graminées dans son entourage. Leur source de nourriture est un des principaux facteurs limitant la distribution de l'espèce à certains types de biotopes. Les prairies herbeuses ainsi que les sous-bois clairsemés du bassin méditerranéen sont leurs lieux de nidification privilégiés.

    Messor capitatus à l'entrée d'un nid

    (de fourmi1997)


    Messor capitatus forme de véritables pistes jusqu'à ses lieux de fourragement, tellement empruntées que la végétation s'en trouve dégagée. Ces pistes sont visibles, partant de l'entrée des nids et se dispersant dans les alentours. Dans des milieux relativement chauds du bassin méditerranéen, elle se cache du soleil de midi en été ou le pic d'activité sera atteint en matinée et en soirée.

    Sa répartition couvre, en France, le tiers sud du pays en remontant jusqu'au sud Breton. Elle partage son biotope avec Messor barbarus et Messor bouvieri sur le continent. Elle est cependant capable de supporter des hivers plus rigoureux, ce qui explique une répartition plus étendue à l'intérieur des terres que ces deux dernières. Elle entre en compétition féroce avec les autres espèces granivores, et les combats ne sont pas rares.

    Il s'agit de l'espèce française possédant le plus fort polymorphisme ouvrier. Celui-ci est important et continu. Les ouvrières sont classiquement séparées en trois catégories selon leur taille : minor, media, major. Ce polymorphisme semble être une réponse adaptative à leur alimentation. Les puissants muscles mandibulaires des major étant très utiles lorsqu'il s'agit de décortiquer des graines parfois très solides. La morsure des major est de ce fait, douloureuse. Les plus gros major peuvent atteindre une taille légèrement supérieure à la gyne, et sont toutes proportions gardées plus imposants que ceux retrouvés chez Messor barbarus. Les ouvrières ainsi que de la gyne sont d'un noir de jais, aux reflets luisants.

    Messor capitatus mangeant une prune.
    Mangeant une prune. ^^

    (de vince)

    Gyne Messor capitatus sur fond blanc.

    (de Alkinne)


    L'espèce essaime typiquement en automne, les sexués mâles et femelles sont produits en été. Les essaimages sont massifs. Pour peu que l'on soit présent au bon moment au bon endroit, les gynes fécondées sont nombreuses au sol. Il suffit alors de se baisser et de ramasser une gyne.

    Enfin, de par son mode de vie, l'espèce est particulièrement sujette aux acariens détritivores. Ceux-ci trouvent dans un nid humide contenant des graines pourrissantes un lieu de développement idéal. Pouvant potentiellement s'y reproduire en grand nombre, une quantité trop importante de détritivores nuira à la colonie. Un arrêt de la ponte, de l'activité, une disparition du couvain et un déclin lent de la population sont les symptômes couramment observés. Bien penser le nid s’avère encore une fois crucial pour éviter ce genre de problèmes. L’espèce est aussi sensible aux acariens parasites. Il conviendra de passer les insectes et les graines au congélateur afin d'éviter tout risque de contamination.

    Particularité comportementales :
    La trophallaxies est absente chez le genre. Cette caractéristique des fourmis dont le régime alimentaire est a dominance liquide semble avoir été perdue et remplacée par la constitution de greniers qui permettent une distribution efficace de la nourriture au sein de la colonie.
  • Biologie et Écologie de Messor capitatus

    Biotope à Messor capitatus

    de Will
    Cette espèce préfère les endroits dégagés et a besoin d'une présence importante de graminées dans son entourage.
    Leur source de nourriture est un des principaux facteurs limitant la distribution de l'espèce à certains biotopes types.
    Les prairies herbeuses ainsi que les sous-bois clairsemés sont leurs lieux de nidification privilégiés.

    Messor capitatus à l'entrée d'un nid

    de fourmi1997
    Les nids sont toujours creusés en pleine terre, et peuvent atteindre quelques mètres de profondeur.
    En période d'activité, un grand nombre d'ouvrières peut être observé en train de fourrager autour des diverses entrées du nid.

    Messor capitatus mangeant une prune.
    Mangeant une prune. ^^

    de vince
    Comme toutes les Messor, Messor capitatus à une alimentation à dominance granivore. Les ouvrières forment de longues files de récoltes de graminées en tous genres, qu'elles stockent dans des greniers souterrains faisant partie intégrante de leur nid.
    Les amylases salivaires puissantes de ces fourmis dégradent l'amidon contenu dans les graines en sucres simples qui sont ensuite assimilés.
    La trophallaxie n’étant pas présente chez le genre, la formation de ce "pain" à partir des graines représente une forme de digestion externe faisant intimement partie de leur organisation sociale.
    Un insecte mort, ainsi que des fruits bien mûrs, seront aussi appréciés.

    Carte de répartition géographique de Messor capitatus

    de Will
    Espèce répartie dans le tiers sud de la France.
    Autour du bassin méditerranéen, elle partage son biotope avec Messor barbarus et Messor bouvieri, tout en remontant plus au nord que ces deux dernières.
    L'espèce est également présente jusque dans le sud du Morbihan le long de la côte atlantique, avec une présence remarquable à Belle-Ile-en Mer.
    Globalement, elle est distribuée dans la plupart des pays au climat chaud.

    Développement et reproduction de Messor capitatus

    Méthode de fondation:

    Cycle de développement:

    Population à maturité: 
    50 000
  • Élevage de Messor capitatus

    22 à 28°C
    20 à 50%
    Oui

    Fondation

    Indépendante et claustrale. Après l'essaimage ayant lieu en automne, la reine survit à l'hiver grâce à ses réserves et élève sa première génération d'ouvrières au printemps. Placez la reine fécondée dans un tube à essai muni d'une réserve d'eau. Pour respecter les conditions de vie in natura, une mise en diapause devra être effectuée avant d'observer la ponte. Cependant, certaines expériences montrent que la reine peut se passer de diapause avant de pondre si celle-ci est fortement chauffée directement après capture. Cette pratique semble cependant avoir un impact globalement négatif sur la santé de la fondation. Il est à noter que Messor capitatus possède une aire de répartition assez large au sein de climats variés allant du nord au sud. Le besoin de diapause sera logiquement beaucoup plus vital pour les souches nordiques. À adapter en fonction de la provenance de la gyne, donc.

    Le nid

    Le nid devra être blindé car l'espèce est capable de creuser le béton cellulaire. Cependant, à l'instar de beaucoup d'autres espèces foreuses, elles ne le feront principalement que si un manque de place se fait sentir. Un nid en plâtre ou béton cellulaire blindé au mortier est souvent utilisé en pratique, mais l'espèce tolère aussi les nids en plexiglas. Le nid devra être moyennement humidifié, entre 25 et 50 % de la surface du nid humide sera optimale. L'espèce apprécie de réaliser le pain de fourmis la tête en bas, prévoir une profondeur suffisante dans certaines sales. Cette profondeur oscillera donc entre 1 et 2 cm. Le genre Messor ne pratiquant pas la trophallaxie, celles-ci sont particulièrement vulnérables à un assèchement du nid qui s’avérera vite fatal. L'espèce nécessite néanmoins des pièces sèches pour entreposer les graines sans que celles-ci ne soit dégradées par des moisissures. La conception du nid et l'équilibre de son humidification sont des aspects à bien prendre en compte si l'on veut procurer à cette espèce un habitat idéal.

    L'espèce créant de grandes colonies, une aire de chasse conséquente devra être prévue pour une colonie adulte. Ce ne sont cependant pas de bonnes grimpeuses et les ouvrières ne sont pas connues pour être spécialement propice à l'évasion.

    Hivernage

    Comme toutes les espèces de Messor, elle est exogène - hétérodynamique : le besoin de diapause est donc un sujet qui fait souvent débat autour des espèces du genre. Celle-ci est induite par une baisse des températures extérieures, bien présente dans leur habitat naturel. Un éleveur consciencieux prendra donc à cœur de reproduire cette dynamique en proposant à la colonie une température comprise entre 8 et 15°C durant environ 3 mois, classiquement de novembre février. Cependant, des cas de colonies apparemment en bonne santé maintenues en captivité sans hivernage existent. A noter que si les conditions de maintien sont proche de celles à adopter pour Messor barbarus, il est fortement conseillé de faire effectuer une diapause aux souches nordiques.

    Nourriture

    Messor capitatus a une alimentation à dominance granivore. Les ouvrières forment de longues files de récoltes de graminées en tous genres, qu'elles stockent dans des greniers souterrains faisant partie intégrante de leur nid. Les amylases salivaires puissantes de ces fourmis dégradent l'amidon contenu dans les graines en sucres simples qui sont ensuite assimilés. La trophallaxie n’étant pas présente chez le genre, la formation de ce "pain" à partir des graines représente une forme de digestion externe faisant intimement partie de leur organisation sociale. Un insecte mort, ainsi que des fruits bien mûrs, seront aussi appréciés et compléteront le régime alimentaire en captivité.

    A noter que si l'espèce ne pratique pas la trophallaxie, et n'a pas de pièces buccales bien adaptées à la consommation de liquides, elles ne rechignent pas à se nourrir occasionnellement de divers substances sucrées, de jaunes d’œufs... Un abreuvoir dans l'aire de chasse sera également apprécié.

    Pour plus de renseignements sur l'alimentation du genre Messor, cette vidéo est à disposition.

    Conditions de maintien

    L'espèce apprécie une température de maintien aux alentours de 25°C. Une température comprise entre 25 et 30°C sera l'idéal. Elle tolère cependant bien des températures légèrement plus fraîches (entre 20 et 25°C), et il n'est donc pas strictement nécessaire de les chauffer pour peu que la pièce de maintien oscille dans cette gamme de température.

    La température influencera le temps de développement du couvain. D'environ un mois pour une ouvrière minor à la température idéale, pourra aller jusqu'à deux mois pour les plus gros major. La nymphose est nue. L'humidité devra être moyenne, de 25 à 50% de la surface du nid. Il est important de prévoir des pièces humides de vie, et des pièces dites "entrepôts" à graines sèches.

    Grenier d'une colonie de Messor capitatus dans un nid en béton cellulaire.

    (de vince)

    Généralités d'élevages : C'est une espèce sujette au stress : les vibrations déclenchent facilement la panique de la colonie, ce qui doit être dans la mesure du possible évité. Les fondations sont relativement lentes au démarrage, et il faudra compter plusieurs années avant d'obtenir une population conséquente. Les colonies populeuses sont très actives, un grand nombre d'ouvrières s’efforcera à récolter des graines dans l'aire de chasse qui devra être adaptée. Les nourrir de graines, tel que les classiques mélanges pour oiseaux disponibles en animalerie, sera suffisant. Ce régime peut cependant être complété par divers aliments : insectes morts, fruits, nourriture séchée, etc.
  • Vidéos et Photos de Messor capitatus

  • Blogs sur Messor capitatus

  • Livres faisant référence à Messor capitatus

    Autres livres faisant référence au genre Messor (8)

    Titre Date Note eBook
    Les fourmis
    Comportement, Organisation Sociale et Évolution

    de Luc Passera, Serge Aron
    01/01/2005
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    Les fourmis
    de Marie-Sophie Germain
    23/04/2007
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    La fourmi moissonneuse Messor barbarus
    Biologie et Soins

    de Raúl Martínez
    01/01/2012
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    Les fourmis de la Suisse
    Systématique. Notices anatomiques et physiologiques. Architecture. Distribution géographique. Nouvelles expériences et observations de moeurs.

    de Auguste Forel
    01/01/1874
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    Les Fourmis (Hymenoptera Formicidae) d'Europe Occidentale et Septentrionale
    de Francis Bernard
    01/12/1968
    0
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