Nourrissage d'une gyne avant fondation

Nourrissage d'une gyne avant fondation

Message non lupar Alan » Mar 6 Nov 2018 14:04

Bonjour à tous,

J'ai toujours lu qu'il n'était pas conseillé de nourrir des gynes d'espèces à fondation claustrale fraîchement récoltées, jusqu'à naissance des premières ouvrières.

J'ai jusqu'à maintenant tenu ceci pour acquis sans vraiment pousser la réflexion plus loin.
Cependant, un message récent de Deucalion (non contredit par d'autres membres) m'a fait me poser quelques questions :
Deucalion a écrit:[...]Nourrir une gyne claustrale je dis ok mais seulement une gyne sans couvain en tout début de fondation, un peu d'epo (comprendre miellat) avant la ponte ça ne fait pas de mal, un des avantages de la captivité [...]


• Cette prescription de ne pas nourrir avant la fondation a été définie afin de calquer les conditions de développement "in natura", est-ce que je me trompe ?
• Quels sont les risques encourus si l'on apporte un surplus de nourriture dans le but de booster les réserves d'une gyne (en admettant que l'on ne le fait qu'à une seule reprise juste après la capture) ?
• Cela ne peut-il être un avantage, un coup de pouce ?
• Certains d'entre-vous ont-ils déjà tenté l'expérience et peuvent-ils nous faire un retour (positif ou négatif) à ce sujet ?

Attention, je précise aux débutants que ce post n'a en aucun cas vocation à remettre en cause les conseils déjà prodigués de nombreuses fois et expliqués dans les fiches d'élevage, mais seulement à approfondir le sujet et à mieux en cerner les tenants et aboutissants.
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Alan

Re: Nourrissage d'une gyne avant fondation

Message non lupar CiscoBZH35 » Mar 6 Nov 2018 16:29

Salut, pour ma part j’ai toujours nourri mes gynes en fondation au départ et une fois lors de l’apparition des premiers cocons. Jamais aucun problème n’est apparu, après à chacun son jugement, mais pourquoi ne pas leur faire profiter de cette chance.
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CiscoBZH35

Re: Nourrissage d'une gyne avant fondation

Message non lupar Hormigo » Mar 6 Nov 2018 17:26

Alan a écrit:Cette prescription a été définie afin de calquer les conditions de développement "in natura", est-ce que je me trompe ?

J'imagine que c'est pour cette raison, oui. Mais je suis personnellement aussi partisan du "puisqu'elle est captive, autant augmenter ses chances", quitte à perdre en "naturel".
Quels sont les risques encourus si l'on apporte un surplus de nourriture dans le but de booster les réserves d'une gyne (en admettant que l'on ne le fait qu'à une seule reprise juste après la capture) ?

Stress, absence de ponte ? Si ce n'est fait qu'une seule fois, au pire ça retarde de quelques jours...
Cela ne peut-il être un avantage, un coup de pouce ?

Dans certains cas, c'est évident (pas de physogastrie, fondation semi-claustrale, dépendante), mais dans la majorité des cas, je n'en suis pas persuadé. Mais comme le stress occasionné par le nourrissage est probablement faible comparé au stress de la capture, dans le schéma que tu décris (un nourrissage uniquement au moment de la capture) je ne vois aucun inconvénient : au pire ça ne sert à rien.
Certains d'entre-vous ont-ils déjà tenté l'expérience et peuvent-ils nous faire un retour (positif ou négatif) à ce sujet ?

Je l'ai fait sur toutes mes Lasius cette année. Les raisons :
  1. j'étais en vacances (road trip) lorsque je les ai trouvées, donc je les ai baladées pendant 3 semaines : pas l'idéal comme condition de fondation, donc quitte à les stresser, autant les nourrir ;
  2. il y avait une Dendrolasius dans le lot, et sans esclave pour la nourrir, le rôle de corvéable me revenait de fait.
J'ai ensuite trouvé une Myrmica : là pas le choix, je la nourris.
Depuis fin août, j'ai continué sur ma lancée, et j'ai continué à toutes les nourrir en tube à raison d'une fois par semaine ou toutes les deux semaines.
À ce jour, zéro dégât : elles ont toutes pondu, mais n'ont pas toutes fondé, notamment la Myrmica qui a pondu très tard, et potentiellement non fécondée (alate) : on verra à l'évolution du couvain.

Mais je précise : ce sont des espèces faciles (en tout cas pour les Lasius sp. noir ou Lasius emarginatus concernées) : je ne le ferais sans doute pas avec des espèces plus timides comme des Camponotus, Solenopsis, etc. : je m'en tiendrais à une nourrissage au moment de la capture et basta.

Pour préciser les conditions du nourrissage, photo :
Image

C'est donc très peu intrusif : une fois le coton-tige imbibé, il peut rester dans le tube, ce qui permet de ne pas déranger la gyne à nouveau. Ce système permet de nourrir la gyne une fois pour toute au moment de la capture et de ne plus la déranger pendant deux mois, ou de ré-imbiber le coton comme je le fais avec les Lasius ou les dépendantes/semi-claustrales sans trop de dérangement.
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Re: Nourrissage d'une gyne avant fondation

Message non lupar bdreal » Mar 6 Nov 2018 20:54

Intéressant sur les quelques gynes que l'on trouve des fois sous-nourries, pour leur faire supporter quelques mois de diapause.
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bdreal

Re: Nourrissage d'une gyne avant fondation

Message non lupar Deucalion » Mar 6 Nov 2018 21:29

Une gyne a fondation claustral a normalement assez de réserve pour fonder et nourrir la première génération et le couvain jusqu'à la seconde génération. On dit qu'une fondation est timide et ne sort jamais mais je me suis toujours dit (pure spéculation de ma part) qu'elles n’éprouvaient le besoin de sortir fourrager qu'à la fin des réserves de la gyne, d’où la disparition de sa physogastrie (que la majorité des gynes ne referont d'ailleurs jamais).
Mais parfois les réserves de la gyne sont justes. Donc comme déjà plus haut, le fait de la nourrir avant la première ponte comble ce manque et assure une fondation sans famine. On peut nourrir aussi pendant la fondation, mais les risques de destruction de couvain suite au stress est présent donc autant la laisser tranquille.

Personnellement à mes débuts je ne nourrissais pas mais maintenant, je nourris systématiquement toute gyne que je ramasse moi-même, et même je profite souvent du stress du voyage pour nourrir des gynes avec couvain si j'estime qu'elle en a besoin (vu qu'en plus il faut les changer de tubes donc elles sont plus à ça près...). Je ne dérange jamais une gyne au calme pour la nourrir par contre, c'est une paix royale, pratiquement aucune observation durant la fondation.
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Deucalion

Re: Nourrissage d'une gyne avant fondation

Message non lupar firewill » Mar 6 Nov 2018 21:32

Il y avait eu un sujet à ce propos aussi, de ratachou il me semble. ;-)
Perso, autant je suis d’accord sur la théorie énoncée plus haut, autant dans la pratique, sur toutes mes gynes, la seule que j'ai nourrie a dévoré plusieurs cocons et eu une fondation lente, les autres aucun problème. Après rien ne dit que c'est la cause mais voilà les faits.
Pour des purs débutants, ne sachant pas trop ce qu'il font, je dirais sans hésiter de ne pas y toucher et de laisser faire, après quand on sait ce que l'on fait et les potentiels avantages/désavantages, là pas de soucis.
Je vais essayer de nourrir une gyne Crematogaster scutellaris et laisser l'autre telle quelle, voir si celle-ci a des problèmes aussi.
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firewill

Re: Nourrissage d'une gyne avant fondation

Message non lupar Alan » Mar 6 Nov 2018 22:44

Merci à tous pour vos réponses. Mention spéciale pour Hormigo (ta solution du bouchon avec miellat intégré est géniale je trouve).
Et merci pour la piste de l'ancien topic firewill, il m'avait échappé. Le voici pour les curieux.

N'hésitez pas à continuer à alimenter le sujet.
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