[FICHE] Crematogaster scutellaris

[FICHE] Crematogaster scutellaris

Message non lupar C-R » Ven 29 Aoû 2014 23:22



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Difficulté : facile.



Famille : Formicidae
Sous-famille : Myrmicinae
Tribu : Crematogastrini
Genre : Crematogaster
Espèce : scutellaris

Taille de la reine
: 7-9mm
Taille du mâle : 5mm
Taille des ouvrières : 3-4mm

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Répartition géographique : Pourtour méditerranéen
Période d'essaimage : Août à Octobre
Type de nid in natura : Espèce lignicole. Bois mort et vivant.
Régime alimentaire in natura : Miellat de puceron, insectes morts, fruits, toute source de protéines ou de sucre est bonne à prendre !
Taille d'une colonie adulte : Environ 20 000 ouvrières.
Espèce monogyne, des cas d'olygogynie ont été rapportés.

ELEVAGE



Indépendante et claustrale, la reine tient sur ses réserves jusqu'à donner naissance à ses premières ouvrières.
Placer la reine fécondée dans un tube à essai muni d'une réserve d'eau. Les premières ouvrières devraient apparaître 6 semaines plus tard, elles seront environ une dizaine et seront de petites tailles (2-3mm).
Ne pas trop tasser le coton, cette espèce est xérophile.
La fondation est très lente chez cette espèce, plus de deux mois par moment de l'œuf à l'ouvrière. Ceci est largement compensé par la vitesse de développement qui va suivre.

Le nid


Le nid a absolument besoin d'être blindé car cette espèce creuse le béton cellulaire, et tout ce qu'elle peut, jusqu'aux tuyaux de liaisons et au plastique.
Si dans la nature elles logent dans le bois, elles se contentent de tout, du nid en plexy au béton cellulaire. Le nid devra être relativement sec, cette espèce étant xérophile (comme nombre de lignicoles).
10% de la surface du nid humide semble un bon compromis.
Un abreuvoir dans l'ADC pourra suffire.
Cette espèce a de grandes tendances à l'évasion, veillez à boucher les moindres recoins et à mettre un bon anti-évasion.

Il est intéressant de remarquer que cette espèce étant lignicole, beaucoup ont tendance à lui faire des nids en demi-coque de noix, qu'elle semble d'ailleurs bien apprécier :

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Cette partie est encore sujette à débats, entre ceux qui affirment que non et ceux qui affirment que oui.
Je ne saurais que vous dire d'observer ce qui se passe. Les signes d'une diapause ne trompent pas, la colonie devient amorphe et les larves ne se développent plus. Dans ce cas, une pause à moins de 18°c, pendant 2 ou 3 mois, ne lui fera que du bien. Ne pas descendre en dessous de 10°C.
Si la colonie continue à se développer, il semble inutile de la mettre au frais pour l'hiver, sans trop d'incidence sur l'année suivante.
Dans le doute, une diapause ne vous fera que perdre 3 mois de développement et vous donnera bonne conscience.

Nourriture


Crematogaster scutellaris est un véritable gouffre.
De la fondation à la colonie adulte, elles mangent tout.
In natura, elles sont relativement actives à se nourrir du miellat des pucerons dont elles s'occupent. En captivité, elles accepteront de tout, des insectes aux liquides sucrés, veillez simplement à lui fournir suffisamment des deux pour un bon développement.
Attention aux grandes concentrations de liquides sucrés, elles ont tendance à rentrer dedans et si le tout est trop compact et sèche, elles y restent engluées.
A noter qu'il s'agit d'une des rares espèces française à faire des réserves de nourriture à base d'insectes et même de liquides sucrés séchés. Elle roule la nourriture en boulette et ramène le tout au nid.
On peut ainsi voir des ouvrières des jours et des jours sur de l'eau miellé encore gluante par exemple.

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Conditions de maintien


Il n'est pas nécessaire de chauffer cette espèce, comme pour toutes les indigènes.
En revanche, maintenir la température aux alentours de 25°C hors période de diapause ne pourra que faire du bien à cette espèce. Le développement en sera accéléré. Il faut compter, à 25°C, environ 7 semaines pour le passage de l'œuf à l'imago.
L'humidité devra être faible, environ 10% de la surface du nid.
Nourrir très souvent pour éviter les évasions, une grande partie des ouvrières qui fourragent dans l'ADC est un bon signal pour les nourrir.

Généralités d'élevages : Crematogaster scutellaris est une espèce très sympathique à élever, la vitesse de développement de la colonie, sa beauté et son activité en font une fourmi très prisée des éleveurs.
Ni timide en fondation, agressive et très bonne chasseuse, cette espèce ne lâchera pas votre doigt si elle vous tient !
Le couvain sera toujours très impressionnant par rapport au nombre d'ouvrières. On constate un léger polymorphisme avec le développement de la colonie, des ouvrières seront 2 fois plus grandes que d'autres.
Comme pour Pheidole pallidula, l'élevage d'une grosse colonie peut vite décourager par les nombreuses évasions, mais aussi émerveiller par la beauté et le comportement atypique de cette espèce.


Blogs où apparait l'espèce Crematogaster scutellaris: :

[Blog] Crematogaster scutellaris (Libertango)
[Blog] Les Crematogaster scutellaris de Raphaël
[Blog] Crematogaster scutellaris
[Blog] Crematogaster scutellaris
[Blog] Grosse colonie Crematogaster scutellaris
[Blog] Crematogaster scutellaris d'Ezio


INFORMATIONS RELATIVES A CREMATOGASTER SCUTELLARIS


Dans la nature, c'est une espèce très dominante sur son milieu et il n'est pas rare de n'avoir presque que ça dans son jardin. Elle monopolise en générale un arbre ou plusieurs plans infestés de pucerons, qu'elles élèvent avec soin et dont le miellat constitue leur principale source de nourriture.
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L'espèce est monogyne-olygogyne, c'est à dire que la colonie peut comporter une reine ou alors plusieurs (petit nombre cependant) qui ne se supportent pas mais qui restent parfaitement tolérées par les ouvrières.
Crematogaster scutellaris peut, de façon très éventuelle, pratiquer la Parthénogenèse thélytoque : les ouvrières peuvent pondre des femelles (en plus de pouvoir pondre des mâles, ce qui est plus courant).
L'espèce ne semble pas avoir de mal à s'acclimater à des milieux plus nordique, des colonies implantées en Allemagne survivent et essaiment. Elle ne semble cependant pas avoir d'incidence sur son milieu et ne présente que peu de risque de devenir une invasive, faire très attention cependant !


Le polymorphisme est absent, on notera cependant qu'avec l'évolution de la colonie, des ouvrières de taille importante peuvent apparaître, ce sera d'autant plus flagrant si les premières générations sont encore là.

L'espèce essaimant à la fin de l'été, les sexués mâles et femelles sont produits en Juillet et en Août, période pendant laquelle il n'est pas rare d'observer de grosses nymphes qui se dorent la pilule au soleil, Crematogaster scutellaris n'hésitant pas à déplacer son couvain, même en captivité.

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Les essaimages sont impressionnants. On observe peu avant l'essaimage une grande agitation autours des sorties de nid spécialement conçues pour cela. Les sexués y rentrent et ressortent sans pour autant s'envoler, jusqu'au moment clé.

Crematogaster scutellaris a une particularité, en plus d'avoir un gastre en forme de pique, elle peut relever ce dernier au dessus de son thorax, en se pliant en deux, et sécrète une goutte de venin très répulsive pour les autres espèces.

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A ce sujet, on suppose que Camponotus lateralis pratique un mimétisme batésien sur scutellaris afin de profiter de cette défense chimique, ainsi que des sources de nourriture de Crematogaster scutellaris.

Observations comportementales :

L'espèce sépare les différents stades du couvain, qui est généralement imposant par rapport au nombre d'ouvrières.
Les trophallaxies sont impressionnantes et peuvent compter plusieurs ouvrières.
La colonie reste très active peu importe le nombre d'ouvrières, elles sont très agressives, très actives et n'hésitent pas à s'attaquer à des insectes vivants beaucoup plus gros qu'elles.
Si l'on oublie de les nourrir, l'espèce tente par tous les moyens de s'échapper, jusqu'à se coller dans l'anti-évasion. Il faut le renouveler très souvent.
Les ouvrières n'hésitent pas à sortir tout le couvain pour profiter des dernières chaleurs de la journée, ce qui peut donner lieu à de drôles de situations :

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Les ouvrières ont bon avoir un comportement individuel très marqué, le recrutement est monstrueusement efficace et une place vide peut vite se faire recouvrir de gastres pointus.



DIFFERENTS STADES DE DEVELOPPEMENT DU COUVAIN :

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