[Blog] Dendrolasius fuliginosus : Queen Elizabanth

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Message non lupar TheoBriat33 » Ven 5 Juin 2020 08:57

Bonjour à tous,

Après avoir lu beaucoup de blogs et d’expériences sur les Lasius à fondation dépendante, j’ai décidé de commencer le suivi de ma propre expérience.
Même si cela se termine mal, j'espère pouvoir apporter mon aide à d'autres éleveurs à la recherche de retours d'expérience.

Lien vers le Q/R : https://www.myrmecofourmis.com/forum/viewtopic.php?f=53&t=31241.

LUNDI 1 JUIN 2020

Je trouve une gyne, que j’identifie pour commencer comme étant une Lasius sp. Elle gambadait sur ma terrasse, encore ailée.
Je la ramasse et la mets en tube. Pensant avoir affaire une une « banale » Lasius sp., je l’installe au calme dans mon carton à fourmis, contenant déjà une multitude de fondations. Je dois avouer que j’ai trouvé très bizarre n’avoir trouvé qu’une seule gyne, les essaimages de Lasius sp. étant généralement massifs.

MERCREDI 3 JUIN 2020

C’est après quelques jours en parcourant la section « identification » du forum, que je tombe sur le post d’un des membres pensant avoir trouvé une Chthonolasius sp. Un petit coup d’œil au post, et première réaction : « Elle est drôlement similaire à ma gyne Lasius ! ».
Un peu de recherche et, en effet, tête plus large que le thorax : j’ai moi-même affaire à une Lasius à fondation dépendante, et, étant donné la période de l’année, probablement à une Dendrolasius fuliginosus (restez assis les modérateurs, je sais qu’il est impossible de déterminer l’espèce sans matériel spécifique :mrgreen:. Mais par souci de clarté et de facilité, je me permets de prendre ce postulat).
Ni une ni deux, je nourris la gyne et file dans la forêt chercher des cocons de Lasius sp. J’ai repéré quelques jours plus tôt une colonie ressemblant à Lasius cf. brunneus dans une souche, c’est donc vers celle-ci que je me dirige. Pensant en récolter une trentaine comme toutes les fiches et suivis conseillent, je soulève délicatement l’écorce et prends soin de ne pas abîmer le nid plus que nécessaire.
La colonie devait être établie depuis un bon moment, vu le nombre d’ouvrières qu’elle comportait. J’ai été surpris de ne trouver qu’une quinzaine de cocons, j’ai décidé de n’en prélever que 6 ou 7, soucieux de ne pas mettre en danger l’avenir du nid. Ceci dit, je pense qu’il devait y en avoir beaucoup plus et que j’ai juste cherché au mauvais endroit.
Je prélève également une ouvrière, qui s’est porté volontaire (si, si, j’le jure) pour s’occuper des cocons jusqu’à l’apparition du premier imago. Je dépose cette dernière avec les cocons dans un tube à essai.
De plus amples recherches sur la toile me renseignent sur les différentes techniques de fondation chez les Lasius à fondation dépendante. Résultat des comptes : il y en a beaucoup. Toutes ont leurs avantages, leurs inconvénients, et leurs risques.

JEUDI 4 JUIN 2020

L’ouvrière a passé plus de 12h hors de sa colonie mère, elle commence à perdre de son agressivité. Je sors les cocons du tube, et les dépose délicatement dans le tube de la gyne. Réaction mitigée, la dame est intriguée, mais pas franchement transcendée.
Il est temps pour l’ouvrière Lasius sp. de débuter l’étape la moins plaisante de son voyage. Direction le frigo, où elle passera 30 minutes. À la sortie du frigo, la cure thermale débute. Madame a le droit à une bain d’eau minérale mélangée à du sucre de canne. Cela revigore les chairs, aide au transit intestinal et permet de se débarrasser des vergetures. Parfait pour un bon « summer body » donc.
Trêve de galéjades. C’était horrible et je me sens coupable. Cela dit, tout s’est bien passé et nous pouvons procéder à l’étape suivante.
J’introduis l’ouvrière dans le tube de la gyne, c’est un moment décisif. Les instincts de Queen Elizabanth vont-ils prendre le dessus ? Va-t-elle décapiter l’ouvrière ?
Quelques léchouilles plus tard, tout va bien. La gyne semble avoir accepté la nouvelle arrivante. L’ouvrière montre bien quelques signes d'inconfort, et « saccade ». Il semblerait que ouvrière.exe ait cessé de fonctionner. Je n’ai pas envoyé de rapport d’erreur à Crimosoft. Quelques heures plus tard, tout rentre dans l’ordre et la cohabitation semble se passer sans trop de problème.

[Blog] Dendrolasius fuliginosus : Queen Elizabanth, Party time 1
Party time 1


VENDREDI 5 JUIN 2020

Comme on dit dans le jargon des éleveurs de Lasius à fondation dépendante, ni la reine ni l’ouvrière n’ont été décapitées, c’est donc une belle journée qui s’annonce.

[Blog] Dendrolasius fuliginosus : Queen Elizabanth, Party time 2
Party time 2


Merci de m'avoir lu. La suite au prochain post.
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TheoBriat33

Re: [Blog] Dendrolasius fuliginosus : Queen Elizabanth

Message non lupar TheoBriat33 » Mar 9 Juin 2020 11:16

Bonjour à tous.

Bienvenue dans un nouveau billet pour vous tenir au courant de l’évolution de ma fondation de Lasius à fondation dépendante. Grâce aux précieux conseils de notre communauté, et à votre participation sur le Q/R de ce blog, j’ai compris que je n’avais pas assez de cocons pour donner toutes les chances à Queen Elizabanth. J’ai également saisi l’atmosphère positive entourant l’élevage d’espèces à fondation dépendante, après avoir été conseillé plusieurs fois (sans nul doute à juste titre) de ne pas me faire d’idées quant à l’issue de l’expérience.

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SAMEDI 6 JUIN 2020

D’un pas décidé, je me dirige vers la machine à café. Et oui, je viens de me lever, il ne faut pas pousser mémé dans les fourmis. Mon taux de caféine revenu dans les limites de l’acceptable, je pars à la recherche de cocons dans la forêt adjacente à mon jardin. Retour au même tas de bois où j’ai trouvé les premiers cocons. Bien sûr, la colonie a déménagé après la vicieuse attaque dont elle a été victime. Je scanne les environs et repère quelques ouvrières, les suis jusqu’à l’entrée du nid, et soulève l’écorce. Jackpot. Plusieurs dizaines de cocons.
Les petites Lasius n’ont pas l’air d’accord, et résistent. Je me fais mordre. Beaucoup. Partout. J’ai failli perdre le bras gauche, j’exagère à peine. Retour au bercail avec une quarantaine de cocons, et une dizaine de larves.
J’ai passé une heure à séparer les cocons et larves des ouvrières accidentellement capturées. Ce fut, je dois l’admettre, un travail assez fastidieux.
Je dépose les cocons dans le tube à essai où la gyne et l’ouvrière résident. La pauvre ouvrière croule sous le couvain, littéralement. Elle sort péniblement sa tête d’entre deux cocons et nos regards se croisent : elle me demande de l’aide. Je me dis alors que quarante cocons pour une ouvrière, cela fait peut-être beaucoup.
Sur la vingtaine d’ouvrières capturées par erreur lors de mon lâche raid, je décide d’en garder une pour aider la première à s’occuper du couvain. Cela comporte cependant des risques. Comme j’ai pu le lire sur certains blogs, la probabilité qu’une ouvrière seule arrive à tuer ou blesser gravement la gyne est mince ; mais elle augmente drastiquement avec l’ajout d’ouvrières « alliées » de la même colonie. L’oignon fait la force, comme on dit.
Après le passage en thalassothérapie, la petite nouvelle se retrouve elle aussi dans le tube. Le processus ouvrière.exe a décidément du mal à fonctionner. Encore une fois, elle se met à saccader comme un mauvais DiVX téléchargé sur eMule.
J’ai l’impression que l’intégration n’est pas aussi réussie que lors de la première fois, l’ouvrière reste plus distante et pas très active.

DIMANCHE 7 JUIN 2020

Tout le monde a passé la nuit. Enfin en tout cas pour mes fourmis, cela semble autrement irréaliste.
Mon inquiétude grandit cependant concernant l’attitude des ouvrières envers le couvain. Elles n’y portent pas attention. Elles tirent le coton, cherchent une sortie et vont voir la gyne régulièrement. Mais le couvain n’attire pas leur attention, quelques cocons commencent à « rider » ce qui ne peut pas être bon signe. De ce que j’arrive à observer, les larves ne s’en tirent pas mieux, je n’ai pas l’impression qu’elles ont été nourries depuis leur arrivée dans le tube.
Je constate toujours une différence de comportement entre les deux ouvrières.
La première devient de plus en plus « proche » de la gyne. Plus aucune saccade, ou de comportement étrange ; l’intégration est définitivement réussie.
La seconde reste distante, et parfois presque amorphe. Les saccades sont toujours présentes, bien que moindres. Chose étrange, elle saccade maintenant lors des contacts avec la première ouvrière. Est-il possible que la signature olfactive de cette dernière ait changé légèrement au fur et à mesure de son rapprochement avec Queen Elizabanth ?
Cela m’étonnerait car, en principe, c’est la gyne qui prend la signature olfactive de la colonie qu’elle parasite, pas l’inverse. Peut-être y-a-t-il un changement minime, mais suffisant pour être remarqué par la seconde ouvrière qui ne s’intègre pas aussi bien et n’est pas aussi proche de la gyne ? N’hésitez-pas à me dire ce que vous en pensez sur le Q/R, c’est un sujet que je trouve très intéressant.

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LUNDI 8 JUIN 2020

La situation reste inchangée par rapport à la veille.
Quelques heures passent, et après des recherches, j’apprends qu’il est « possible » d’ouvrir les cocons soi-même.
Heureux de ma découverte, je me dis que cela résoudrait tous mes problèmes (encore une fois, je parle des fourmis, je doute qu’ouvrir un cocon m’aide à rembourser mon crédit auto). Je pourrais ramener les deux ouvrières dans leur colonie mère, l’imago ne devrait poser aucun problème d’intégration, et devrait s’occuper du couvain sans difficulté.
Je prends ma plus belle pince à épiler, et un cure-dents. Me voyant si bien équipé, je me dis que peut-être je devrais ouvrir mon propre cabinet médical (une bonne solution pour rembourser ledit crédit auto).
J’attrape un cocon, mais cela ne plaît ni aux ouvrières, ni à la gyne, qui se mettent à m’insulter (je parle le phéromone) et à courir dans tous les sens.
J’essaie d’ouvrir le cocon. Imaginez-vous en train d’essayer d’ouvrir une noix avec une tronçonneuse, bien sûr sans abîmer l'intérieur de la noix : c’est compliqué. C’est très compliqué. Impossible même.
Vous l’aurez compris, j’ai échoué et je n’ai plus un cocon, mais un petit monticule grisâtre visqueux au bout d’un cure-dents.
Je suis dévasté, j’ai gâché un cocon, je n’ai pas d’imago, je ne peux clairement pas ouvrir mon cabinet médical, et je ne peux toujours pas rembourser ce satané crédit auto.

Je me dirige vers mon meuble à fourmis pour y remettre le tube, puis j’irai sans doute pleurer dans ma baignoire en position fœtale. Un coup d’œil rapide à Queen Elizabanth et ses ouvrières, et, miracle ! Non, toujours pas d’imago (désolé du faux espoir), mais la première ouvrière semble avoir découvert le couvain qu’elle piétinait depuis plusieurs jours. Elle est dépassée : « des cocons ici, des cocons là-bas… Des cocons partout ! Oh et, des larves, DES LARVES ! ». Peut-être le « choc » occasionné par mon intervention a-t-il réveillé ses instincts maternels ? Qui sait ?
Elle s’est occupée du couvain toute la soirée, a passé pas mal de temps à (je pense) nettoyer les cocons, et a nourri les larves.

[Blog] Dendrolasius fuliginosus : Queen Elizabanth, Cocons, gyne et ouvrières
Cocons, gyne et ouvrières


MARDI 9 JUIN 2020

Toujours pas d’imago en vue. La deuxième ouvrière est devenue complètement amorphe. Elle est encore en vie, mais n’a pas bougé depuis hier. Je doute qu’elle survive encore longtemps.
La première ouvrière quant à elle s’est encore rapprochée de la gyne et ne la quitte plus, elle ne tente cependant toujours pas d’ouvrir les cocons. Peut-être ces derniers ne sont-ils pas encore prêts ?
Quelqu’un aurait une photo d’un cocon de Lasius sp. prêt à éclore à me poster sur le Q/R ? J’aimerais faire une comparaison avec le couvain. Cela m’orienterait un peu mieux.

Merci de m’avoir lu, la suite au prochain billet. *merci*

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