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Les colonies d'insectes seraient-elles des super organismes ?

Message non luPosté: Sam 12 Juin 2010 13:25
par Ezio
Une équipe de chercheurs américains vient de montrer que les colonies d’insectes suivent les mêmes règles biologiques que les individus. Sur le plan physiologique et pour le cycle de vie, ces sociétés se comporteraient donc comme des super-organismes. Cette découverte apporte un nouvel éclairage sur l'apparition de la sociabilité chez les animaux et l'homme.
Depuis longtemps, les biologistes s’émerveillent du fonctionnement des insectes sociaux comme les fourmis ou les abeilles. Sûrement parce que la façon dont ces insectes coopèrent pour faire survivre et croître leur colonie dans des ensembles construits renvoie à l’image des sociétés humaines.
Mais leurs interactions sociales si étroites s’apparentent aussi aux relations des cellules dans un organisme. C'est l'hypothèse du super-organisme, qui est ancienne. Elle vient d'être confortée par des résultats expérimentaux obtenus sur un grand nombre d'espèces.
James Gillooly et son équipe de l’Université de Floride, associés à des zoologistes de l'université de l’Oklahoma et du Albert Einstein College of Medicine, ont étudié comment les colonies d’insectes utilisaient l’énergie, issue de leur alimentation, pour fonctionner et se développer. Ils ont donc utilisé un modèle mathématique pour prédire la durée de vie, la croissance et la reproduction d’organisme individuel et l’ont appliqué à des colonies entières.

Dans la colonie, il n’est pas question d’individus, la colonie, c’est l’unité. © Olivier Bareau CC by-sa
L’étude a portée sur 168 espèces d’insectes sociaux, dont les fourmis, les termites, les abeilles et les guêpes. Les résultats pour l’espérance de vie, les taux de croissance et de reproduction des colonies considérées comme des super-organismes se sont révélés presque indiscernables de ceux d’organismes individuels. Physiologiquement, les colonies d’insectes sociaux utilisent donc leur énergie comme si elles étaient un seul organisme et non une somme de multiples individus.
Selon Edward Wilson, professeur de biologie à Harvard et co-auteur du livre The Super-Organism, cette étude « sur les bases énergétiques de la vie en colonie chez les insectes sociaux est remarquable du point de vue de son originalité et de son importance ».
La sociabilité, une apparition évolutive mystérieuse
L’étude ouvre donc de nouvelles perspectives sur l’étude des sociétés d’insectes et leur organisation mais aussi sur les mécanismes évolutifs qui ont mené à l’émergence des systèmes sociaux chez les animaux.
« Dans la vie, deux des innovations de l’évolution ont été comment des cellules se sont associées pour fonctionner comme un seul organisme et comment des individus se sont joints ensemble pour fonctionner comme une société » rappelle James Gillooly.
« Relativement parlant, nous comprenons une quantité considérable de choses sur comment la taille des organismes multicellulaires affecte le cycle de vie des individus à partir de la théorie du métabolisme, mais maintenant nous sommes en train de montrer que cette même structure théorique aide à prédire le cycle de vie de sociétés d’organismes entières. »
Michael Kaspari, professeur de zoologie, d’écologie et de biologie évolutive de l’Université de l’Oklahoma et co-auteur de l’étude, pointe le fait que « certainement l’une des raisons de l’intérêt des gens pour les insectes sociaux et les conséquences de la vie en groupe est que cela nous apprend des choses sur notre propre espèce. Il y a actuellement un vif débat sur l’évolution de la sociabilité. Nous suggérons que toutes théories de la sociabilité doit prendre en compte l’étonnante convergence de la façon d’utiliser l’énergie des organismes sociaux et non sociaux ».
Les chercheurs attirent enfin l’attention sur le fait que les insectes sociaux représentent une importante fraction de la biomasse sur Terre et ils ajoutent que leur découverte pourrait avoir aussi des implications pour les sociétés humaines.

Par Grégoire Macqueron.

Re: Les colonies d'insectes seraient-elles des super organismes?

Message non luPosté: Sam 12 Juin 2010 14:17
par DMX
Intéressant comme théorie *good*, on dirait une étape supplémentaire de la propriété d'émergence en biologie. Néanmoins, personnellement j'y crois moyen (notamment en raison de la compétition intra-spécifique pour la reproduction qui est absente chez des populations de cellules).

Re: Les colonies d'insectes seraient-elles des super organismes?

Message non luPosté: Sam 12 Juin 2010 15:26
par Ezio
En quelques sortes, nous sommes plus ou moins pareils. Nous fonctionnons nous aussi comme un super organisme, avec des "cellules" différenciées, avec comme but de faire vivre l'entité principale qui est notre société. Je pense que c'est comme un "modèle", les cellules sont des êtres vivants, elles vivent en société pour faire vivre un organisme. Certains de ces organismes vivent en société, pour faire vivre un super-organisme (notamment la fourmilière chez les fourmis).

Re: Les colonies d'insectes seraient-elles des super organismes?

Message non luPosté: Sam 12 Juin 2010 15:48
par DMX
Personnellement je trouve la comparaison cellules/individus pas vraiment valable : à ma connaissance il n'existe pas de compétition entre les cellules d'un même individu pour le reproduction (sauf cas pathologique : cancer) alors que cela existe chez individus d'une même espèce (fourmis ou humains). Donc on ne peut pas vraiment comparer l'unité des cellules à celle des individus, enfin c'est mon opinion.
Mais après, je ne pense pas avoir le niveau pour rivaliser avec les auteurs de cette théorie, donc je n'irais pas plus loin dans mon raisonnement :grin:.

EDIT : pour plus d'informations : P.387-388 dans "Les fourmis: comportement, organisation sociale et évolution". Je ferais un résumé si cela intéresse des personnes.

Re: Les colonies d'insectes seraient-elles des super organismes?

Message non luPosté: Sam 12 Juin 2010 21:30
par etii
C'est intéressant. Comme il est d'usage de le dire "comparaison n'est pas raison" et il est clair qu'il y a des différences mais la comparaison entre un être vivant constitué de plusieurs cellule et une colonie de fourmis n'est pas absurde, loin s'en faut.
Le réellement intéressant est le parallèle entre nos sociétés humaines et les sociétés d'insectes. Mais là, encore faudrait-il connaitre tous les petits mécanismes qui font qu'une fourmilière fonctionne :-)
Ce texte est-il un appel de fond pour des recherches scientifiques ??!! ;-)